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Article : Le progrès, c’est l’équilibre !

Article tiré de la revue Projet

Le progrès, c’est l’équilibre !

Xavier Ricard Lanata
Chercheur
18 octobre 2013

Hérité de l’après-guerre et d’une idéologie du « rattrapage » des pays industrialisés, le concept de développement continue de justifier la folle course en avant de l’humanité vers la destruction des écosystèmes. Xavier Ricard Lanata défend la convergence des économies vers un niveau « viable » de Pib par habitant entre 10 000 et 15 000 dollars US par an.
Forgée dans l’immédiat après-guerre, la notion de développement répondait tout à la fois à un impératif moral (permettre à l’humanité de réaliser effectivement le programme d’émancipation établi par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, puis par le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966) et à une nécessité géopolitique. En encourageant le développement économique des pays du tiers-monde, les pays industrialisés garantissaient leur approvisionnement en matières premières et des débouchés pour leurs produits[1]. Il s’agissait, d’emblée, d’établir les bases solides d’un partenariat commercial entre les pays « développés » et les pays « sous-développés ».

Le développement en question
Cette notion est aujourd’hui en crise : en renonçant progressivement à leurs outils de régulation (contrôle des changes, contrôle des flux de capitaux, barrières commerciales et douanières) et à leurs prérogatives de puissance publique, les États ont laissé aux acteurs privés le soin d’organiser, à leur avantage, l’économie planétaire. L’intégration économique mondiale est telle que le temps et l’espace semblent abolis : en quelques secondes, des décisions d’opérateurs de marché ont des conséquences gigantesques dans telle ou telle région. Les territoires, qui avaient vu naître des cultures, au point de contact entre les sociétés humaines et leur environnement immédiat, sont comme abolis par le marché qui exige d’eux une « spécialisation », déterminée par des nécessités économiques, sans rapport aucun avec les contraintes locales. Les anciennes métropoles voient se retourner contre elles les conglomérats économiques qu’elles ont enfantés, au moment même où elles s’évertuent à consolider leurs positions dans la compétition internationale. Les pays émergents espèrent profiter de leurs avantages comparatifs. Toute régulation internationale est suspendue à un consensus global en apparence inatteignable[2].

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